1993 - Histoire de la maison Stendhal


1993 - Il y a dix ans on inaugurait la maison Stendhal

Histoire des étapes de l'achat de la maison de 1966 à 1983 


Il y a dix ans, presque jour pour jour, la Maison Stendhal fut inaugurée. Cet évènement a été organisé dans le cadre des manifestations organisées à l’occasion du Bicentenaire de la Naissance de l’écrivain,. Cette inauguration, hautement symbolique, a marqué l’aboutissement de vingt années d’efforts, de polémiques, voire de luttes, dont les péripéties pourraient fournir un jour matière à une chronique inédite aussi instructive que pittoresque de la vie culturelle grenobloise de la deuxième moitié de notre siècle.

Tout commença en 1966. Cette année-là les propriétaires d’une partie de la maison donnant sur la célèbre terrasse et ayant appartenue au docteur Henry Gagnon- grand-père maternel d’Henri Beyle- décidèrent de vendre leur bien.

La nouvelle, que nous nous empressions de répercuter dans la presse, mobilisa les stendhaliens : à Paris, une pétition demandant l’intervention de la Ville de Grenoble, fut rapidement couverte de signatures ; à Grenoble , un «Comité Stendhal» fut créé en vue d’acquérir l’appartement pour en faire la «Maison du Souvenir Stendhalien». La poussée générale fut telle que la Ville se laissa convaincre : elle acheta l’appartement pour la somme de 180 000 francs  (actuels).

On aurait pu croire la partie gagnée. Il fallut vite déchanter. Aucune des solutions présentées aux services municipaux n’obtint leur approbation. En 1968, les Jeux Olympiques jouèrent un rôle négatif, Stendhal n’étant plus d’actualité.

L’appartement, laissé à l’abandon, est devenu une sorte de lieu d’aisance de la place Grenette, fut mis à sac : parquets, boiseries, cheminées, glaces, tout disparut comme par enchantement. Nos plaintes réitérées ne furent entendues que dix ans après l’achat : en 1976, un crédit de 300 000 francs fut voté pour effectuer les gros travaux urgents de restauration, ce qui permit, en juin 1978 de réaliser une première exposition stendhalienne. Le succès fut tel qu’un deuxième crédit de 600 000 francs fut voté pour les aménagements intérieurs.

On sortait enfin du tunnel. Il restait la dernière bataille à gagner : l’affectation de l’appartement. De nouvelles, et de longues négociations eurent lieu pour obtenir que ces locaux historiques perpétuent et matérialisent la présence de Stendhal dans sa ville natale. En effet, tout évoque dans ces lieux d’enfance grenobloise de l’écrivain ; tout est le complément, et l’illustration, de La Vie de Henry Brulard, cette autobiographie qui ne cesse d’exercer sur les lecteurs un charme indicible. Henri Beyle, certes, a parcouru l’Europe : il a tour à tour foulé le sol de Moscou et de Londres, de Rome et de Berlin, mais c’est ici qu’il s’est formé. Et c’est ici, dans ce cadre privilégié que le visiteur est à même de saisir pleinement tout ce que recouvre les nom prestigieux de Stendhal.

V. D . L 

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