2002 Emeritat Del Litto

 

Eméritat de  Victor del Litto

14 décembre 2002

Discours de Gérard Luciani

Président de l’Association des Amis de Stendhal

 

Le 14 décembre 2002, Gérard Luciani, depuis un an Président de l’Association des Amis de Stendhal a fait un discours en hommage à Victor Del Litto. A côté du rôle «d’interface» entre la France et l’Italie que Victor Del Litto   a joué tout le long de sa carrière universitaire, Gérard Luciani a surtout évoqué le travail considérable de responsable et d’animateur à la Maison Stendhal. Nous citons quelques passages de son beau discours qui mettent en lumière toute l’importance de l’insertion de la Maison Stendhal dans la vie culturelle de Grenoble :

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Cher Monsieur Del Litto,

 

Ce mercredi, à l’Hôtel de Ville, Michel Destot a rappelé vos origines italiennes, ce qui, dans une ville comme Grenoble, aussi proche de l’Italie par l’esprit, la géographie, la démographie, n’a rien de bien exceptionnel. Dans votre cas cependant, cette situation  de fait a eu des résultats assez peu communs : en effet vous avez, pour utiliser une image empruntée de nos jours au langage de l’informatique, joué un rôle capital d’Interface entre ces deux pays, l’Italie et la France.

C’est bien ce que signifie toute votre carrière universitaire, tournée vers ces deux domaines historiques et culturels, ces deux langues, ces deux disciplines. Mais il y a plus encore le choix que vous avez fait d’étudier la vie et l’œuvre de Stendhal, de celui qui à plusieurs reprises a voulu se définir comme milanese. A Cette tâche, vous avez apporté vos soins, votre zèle, toute une activité forcenée de chercheur, d’érudit, qui donnait à votre métier d’universitaire une orientation que je qualifierais de traditionnelle, d’humaniste, d’italienne en un mot, et qui ne se bornait pas, comme dans le cas de bien des collègues d’ailleurs parfaitement estimables, à une animation pédagogique indispensable, mais parfois un peu étriquée.

Vous m’avez récemment dit souhaiter me voir évoquer un aspect particulier de vos activités d’interface franco-italien : vos missions de représentant de la Faculté de Lettres, devenue depuis Université Stendhal, auprès des établissements culturels français d’Italie, d’Instituts et Centres. Vous avez bien voulu m’y inciter en me disant que j’étais sans doute le mieux placé pour le faire, car vous savez que j’avais moi aussi rempli ces missions, intéressantes à plus d’un titre. A la réflexion, le créneau que vous me proposiez m’a paru peu susceptible de rendre justice à vos activités d’animateur culturel, à votre rôle considérable d’intermédiaire entre votre patrie d’origine et votre cité d’élection.

Vous l’avez fait à Grenoble à travers des organismes divers ou plus exactement sous des appellations diverses. Il y a eu un Comité Stendhal, une association créée en 1966 «pour recueillir les fonds nécessaires à l’achat de l’appartement Gagnon. Depuis, cette acquisition ayant été réalisée par la Ville de Grenoble, ce comité n’aura plus raison d’être.» comme l’annonçait le compte rendu de la première Assemblée Générale de l’Association des Amis du Musée et de la Maison Stendhal, le 4 décembre 1984.

Tout au fond, il y a la volonté de Victor Del Litto de rétablir entre Stendhal et sa ville natale une sympathie compromise par quelques déclarations, aussi cruelles qu’inexplicables, du premier. Sans nous attarder au rôle que pouvait jouer le souvenir triste et étriqué d’une enfance orpheline, reconnaissons dans ce sempiternel contentieux qui sépare les Grenoblois d’Henri Beyle, le fruit de quelque mauvais propos de celui-ci sur sa ville natale qui devait être au temps de son adolescence un assez méchant trou, étouffé qu’il était dans les remparts que lui imposait son statut de place fortifiée.

Le ton est donné dès le Bulletin n° 1 de l’Association : l’éditorial du Président Victor Del Litto est précédé de la reproduction de l’aquarelle de Jean Brian sous-titrée 1983-La Réconciliation, en présentant un Henri Beyle bedonnant, chapeau bas devant une jeune personne, vêtue à la mode de 1983 qui lui présente un bouquet. Pour que nul ne s’y trompe, le fond représente la façade de l’Hôtel Lesdiguières et le clocher de St. André. Quant à l’éditorial, il fait état de l’inauguration le 23 janvier 1983, jour du Bicentenaire de la naissance de l’écrivain et de la Maison Stendhal «désormais dénomination officielle de l’appartement du Dr Henry Gagnon parfaitement restauré par la Municipalité de Grenoble.» Le texte poursuit : «Le souvenir des cérémonies les plus brillantes finit par s’estomper et tomber dans l’oubli. Cette Maison Stendhal, au contraire, est une réalité vivante et tournée vers l’avenir.»  Ainsi voit-on encore le professeur Victor Del Litto exprimer, lors de l’Assemblée Générale du 20 mai 1983, de «voir la Maison Stendhal se transformer en véritable Centre Culturel qui deviendra, par la suite, après l’approbation du Conseil Municipal, le siège de la nouvelle Société.» Ce qui tendrait à démontrer que l’histoire littéraire ne s’accommode pas nécessairement du don de prophétie. …

On est frappé aussi par la variété des moyens employés ou recommandés par le Président de l’Association. Et tout d’abord les Bulletins d’Information de cette dernière qui couvrent une période allant d’octobre 1982 Bulletin n° 1 à avril 1992 Bulletin n° 15. La plupart d’entre eux contiennent un résumé des conférences, souvent modestement définies comme causeries de sujets proprement stendhaliens mais parfois élargis à des contemporains de Stendhal comme Honoré de Balzac ou Victor Hugo., voire à des stendhaliens du temps passé comme les lignes consacrées par Paul Hamon à Henry Debraye et par Simone Eurin à Félix Jourdan-Clet.

Sans doute, le Président en prend-il une large part - on connaît la formule célèbre sur le rôle du chef qui est «bien obligé de suivre ses troupes» - et nul ne s’étonnera de voir la signature de Victor Del Litto au bas de nombreux résumés de communications publiques traitant de L’Histoire de la Peinture en Italie, de Stendhal et le Théâtre Italie, de La Vie de Henry Brulard, du 150e anniversaire de la Chartreuse de Parme et La Chartreuse de Parme : le roman italien de Stendhal et qui s’étalent parfois sur plusieurs numéros quand ils traitent d’Henry Gagnon.

Les amis et collègues, stendhaliens de stricte observance ou non, sont mis à contribution comme Jean Serroy parlant de Stendhal et la comédie de Molière, comme Philippe Berthier qui présente Stendhal et Raphaël, comme Pierrette Alméras et son Stendhal en Italie, comme Renée Dénier parlant de Stendhal et l’Angleterre ou Stendhal et Shakespeare et comme Gisela Moinet qui a présenté des causeries sur Stendhal et L’Allemagne, sur Stendhal et Schiller et sur Tout Parme est une Prison. Il y a ensuite Andrée Mansau avec son  Stendhal et Toulouse. Nul n’échappe à la volonté entraînante de Victor Del Litto et on retrouve sans surprise les noms d’autres collègues et amis comme René Bourgeois Les oubliés de La Chartreuse des Parme comme Jacques Solé avec son Stendhal apologiste de la Révolution française ou J. B. Robert signataire d’un Joseph Fourier, l’homme et le physicien. On y relève enfin le texte plus amplement traité de quelques études d’intérêt grenoblois comme le travail de Paul Hamon sur le Parlement du Dauphiné. Dans le cadre de son entreprise de Défense et Illustration du nom et de l’œuvre de Stendhal, le Président Victor Del Litto considère qu’aucune arme n’est à écarter et on voit l’Association des Amis du Musée et de la Maison Stendhal multiplier les expositions. Elles ont pour la plupart un sujet stendhalien. Victor Del Litto souligne l’intérêt des expositions stendhaliennes dans ses éditoriaux : «Le Président présente le rapport moral tout en soulignant l’intérêt fondamental des expositions et des manifestations supplémentaires, comme le cycle des causeries dont le succès est un signe positif. La Maison Stendhal est en effet en train de s’installer définitivement dans la vie culturelle de Grenoble.»

C’est à de tels détails, que l’on identifie le bon animateur, le bon responsable : quiconque a essayé un jour de se livrer à ce jeu saura apprécier votre œuvre. C’est ce que vous avez fait, cher Monsieur Del Litto, avec patience, avec rigueur, avec générosité et richesse dans la diffusion des idées et de la culture, une tâche dans laquelle j’essaie de vous suivre. A ce titre, qu’il me soit permis d’associer ma contribution à cette gerbe d’hommages qui accompagne votre promotion à l’éméritat de l’Académie Delphinale.

                                                     Gérard Luciani

 Président de l’Association des Amis de Stendhal


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Gérard Luciani et son épouse félicitent le Professeur Del Litto

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