Hommage à Raymond Joffre

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Raymond Joffre aimait par-dessus tout la montagne. Il lui a donné son dernier soupir, disparaissant brutalement, victime d’un malaise cardiaque, ce dimanche 24 octobre, lors d’une randonnée dans le massif de la Vanoise. L’intervention des secours héliportés n’a pu ramener à la vie celui qui, à 86 ans, offrait toujours la même silhouette élégante et qui, quelques jours auparavant, ouvrait avec gourmandise, après une année de confinement qui avait dû lui faire annuler l’édition précédente, le 29e Salon du Livre alpin, qu’il avait créé.

Car l’homme était, en matière de culture et de livres, un passionné. L’inlassable activité qu’il y déployait laisse, dans les nombreuses instances et associations auxquelles il participait, un grand vide. D’abord instituteur, formé à l’Externat Notre-Dame puis à l’École normale de Grenoble, il avait fait prendre à sa carrière une nouvelle direction, en obtenant un DESS de l’École supérieure des affaires et en devenant directeur du service de formation au Crédit agricole.

Mais son amour de la montagne et des livres l’a guidé dans une nouvelle direction encore lorsque, en 1992, il a, dans le prolongement de la société Ex Libris qu’il venait de créer, repris la Librairie des Alpes, assortissant celle-ci d’une maison d’édition, les Éditions de Belledonne. Il y a publié, sous sa propre plume, une monumentale Fabuleuse histoire de Belledonne, en deux volumes, et développé, en attirant les meilleurs spécialistes, historiens, chroniqueurs et conteurs, une série de collections consacrées aux Alpes et à l’histoire régionale

Cette activité littéraire et éditoriale le désignait tout naturellement pour devenir membre puis président de l’Académie delphinale et pour présider la Société des écrivains dauphinois et son Prix de l’Alpe. Sans qu’il oublie jamais d’accompagner la théorie à la pratique : homme de courses et de randonnées, vice-président du Club alpin français, il avait parcouru non seulement les massifs alpins, mais aussi effectué des treks et des expéditions au Népal, au Khumbu, à l’Himalaya, jusqu’aux portes du Mustang. Revenant toujours à son cher Oisans, où il repose désormais.

https://www.ledauphine.com/societe/2021/10/29/raymond-joffre

Pascal Joffre reprend le flambeau

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Raymond Joffre, créateur de La librairie des Alpes et puits d’érudition de l’histoire du Dauphiné, nous a brutalement quittés en octobre dernier.

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Le Rouge et le Noir

Réalisation : Michel Sidoroff. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Adaptation : Hélène Bleskine. Adapter “Le Rouge et le Noir” en fiction radiophonique. "Capter la voix de l'auteur, tel est le défi que je me suis imposé. La voix de Stendhal est présente tout au long du roman. Et nous sommes au royaume de la subtilité. Une voix comme un fil électrique rattaché aux Lumières du XVIIIème siècle, légèreté et enthousiasme. Stendhal est amoureux de Mozart, de Cimarosa: « Les jours de bonheur, vous préférerez Cimarosa. Dans les moments de tristesse, Mozart aura l'avantage. » Stendhal est amoureux de la fougue, de l'énergie, de l'imprévu. « Il s'agit de ne pas bâiller d'ennui. » Des émotions vives, l'ardeur, le courage. Il écrit par exemple : « Le caractère des Français est gai, brave, moqueur, insouciant. » Stendhal est le prince de la nuance, de la complexité. Et il n'oublie jamais « la vérité, l'âpre vérité ». C'est pourquoi “Le Rouge et le Noir” est aussi un grand roman politique. Aucune aigreur, aucun ressentiment, ses pensées intérieures sont sans acrimonie. Ce qui est le grand art. Le grand art justement de l'esprit des Lumières. Et ce qui est ravissant, ce sont toutes les voix intérieures de tous les personnages, les monologues secrets, l'invention de l'intime en soi, ce qui s'appelle penser par soi-même au fur et à mesure que se déroule l'action. « L'intime du cerveau » comme l'écrivait Baudelaire à propos de Delacroix : « Il donne à voir l'intime du cerveau, une intense méditation. » Stendhal a inventé cette intimité du cerveau dans le roman. C'est pourquoi ces voix intérieures qui courent dans “Le Rouge et le Noir”, ont été comme des fugues, des intermèdes presque chuchotés, quelque chose d'inouï pour attraper le rythme, la musique de ce roman.

Tome 1

 

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Tome 2

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Barre marsais